Pierre Komba - les diriegeants africains

Après le pouvoir, c’est la mort, la prison ou l’exil

Par Pierre Komba

Trop peu d’anciens dirigeants ont le cœur net après avoir été souillés aux affaires. Tueries, crimes économiques, détournements, crimes de guerres…sont les principaux motifs qui étalent leur moins bonne gestion au grand jour. Ils ne peuvent continuellement affronter la justice sans en être inquiétés quelque part.

Les politiques, les hommes d’affaires, les officiers ou leurs subalternes ne veulent jamais perdre le pouvoir même si ça ne leur convient plus. Et dans leur profond orgueil, les mauvais chefs se ravisent quand même. Ils savent qu’ils leur est interdit par la nature d’exercer le pouvoir à la manière d’un enfant qui a porté les chaussures de son grand-père pour un festin auquel il n’a pas été invité.

Le monde et l’Afrique ont des modèles à imiter. Si les occidentaux, si propres qu’ils paraissent aux yeux de leurs citoyens après l’esclavagisme, la colonisation, les coups d’états militaires et les génocides planifiés avec leurs contributions directes et souvent indirectes, ne sont pas tous rattrapés par la justice, il existe une place où le monde juge inhumain le traitement réservé aux plus faibles.

On gagne le pouvoir, peu importe les moyens usés, on l’exerce soit à la manière des vaches maigres soit à la manière des politiques convaincus. Les vaches maigres deviennent rapidement des honteux milliardaires mais les politiques convaincus s’emploient pour préparer l’avenir de leurs propres citoyens à travers leurs partis. Des idéologies aux projets des sociétés controversés c’est l’image qui n’a pas été épousé par Julius Nyerere, Jomo Kenyatta, Patrice Emery Lumumba, Mzee Laurent Désiré Kabila, Nelson Mandela, Léopold Cedar Senghor, le vieux Houphouët Boigny, Thomas Sankara, etc. Mais le pouvoir, comme on le couramment chez nous, est une vérité populaire. La politique convient à tout le monde et le pouvoir à quelques individus.

Des défis à relever

Quand ils se méconduisent dans leurs charges, ils ignorent que la rue les attend au moment où ils s’attendent le moins. C’est l’instinct de cet enfant de salarié mal nourri depuis qu’ils gouvernent qui le jugera.

La prison, la mort ou l’exil

Combien des dirigeants vivent aujourd’hui dans leurs pays sans songer à leur avenir sombre. Tout dépend de ce qu’ils ont été. Le printemps arabe nous inspire beaucoup de choses. Bien avant cela, à l’époque militaire, le continent noir jusqu’à l’autre carrefour où tous les fous ne juraient que par la puissance du canon.

En Afrique, il y a des dignitaires en exil. Ils ont peur et honte de retourner au pays de leurs ancêtres. Il y en a qui se décident de retourner déjà. Hussein Habré réclamé par la justice de son pays, Ange Félix Patassé mort en exil, le dernier maréchal d’Afrique enterré au Maroc, c’est le maigre tableau de l’iceberg de la politique dans ce couloir de la mort ou de l’exil. Jonas Savimbi et le colonel Kadhafi peuvent prolonger cette liste. La prison a déjà accueilli bon nombre d’anciens dignitaires. A la prison de la cour pénale internationale de la Haye, les Africains sont au nombre utile.

Beaucoup ont été rattrapés par leur propre histoire : les uns ont été forcés à l’exil, d’autres plus résistants sont tombés comme dans un champ de bataille. Mâo Tsé Toung, Joseph Désiré Mobutu, Hussein Habré, Ange Félix Patassé, Kadhafi autant de réalités qui doivent pousser davantage à la relecture du pouvoir. Ce n’est pas tout. On n’est à quelques pas de la prison après le pouvoir de printemps arabe offre au public l’image controversée des régimes solides qui s’effondrent comme de châteaux de cartes. Hosni Moubarak devant les juges même dans sa civière c’est le glas de l’impunité qui a sonné au pays des Pharaons. L’ancien président français Jacques Chirac  est embarqué dans le même train. Il doit se justifier au sujet des emplois fictifs contre la République.

Certes, il y a des leçons à tirer de toutes ces figures. Aujourd’hui, la cour pénale internationale de la Haye est remplie de gros poissons, des véritables poids lourds qui ont marqué l’histoire de leurs pays. Après le pouvoir, ils se sont retrouvés en prison pour des bavures et des bévues qu’ils auraient pu éviter.

Ce n’est pas tout quand on sait qu’il y a des dossiers déjà ouverts pour des crimes non encore jugés. L’assassinat de Juvénal Habyarimana, des répressions sanglantes en Syrie, les assassinats de défenseurs des droits de l’homme et des journalistes,  l’enrichissement illicite et bien d’autres préjudices causés au peuple ne seront éternellement impunis. Ils gouvernent, ils gèrent, ils reçoivent encore les honneurs dus à leur rang, mais ils ne doivent pas oublier qu’ils sont tenus au respect des textes et que le pouvoir ne doit pas les enivrer. Passer outre ces conseils n’a que trois possibilités : la mort, la prison et l’exil.

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