DYJEDD TSHOPO: A L’ORDRE DU JOUR, LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Le 25 mai 2019 à Kisangani, DYJEDD (Dynamique des Jeunes pour l’Environnement et le Développement Durable) a organisé sa sortie officielle lors d’un atelier organisé dans la grande du Centre de Surveillance de la Biodiversité de la Faculté des Sciences de l’Université de Kisangani devant une cinquantaine de participants issus des associations affiliées, des étudiants de la Faculté des Sciences, du ministère provincial de l’Environnement et d’autres ONG environnementales.

DYJEDD photo famille 25mai2019D’une pierre deux coups, l’atelier a également pour objectif de récolter des recommandations du fait que « l’environnement est malade de l’action de l’homme… En dix ans, 940.000 km2 ont été abattus dans le monde selon un rapport de l’ONU rendu par plus 1300 experts », rappelle Jean de Dieu Malongola de l’ONG OCEAN (Organisation Congolaises des Ecologistes et Amis de la Nature), conférencier du jour sur le thème Jeunesse, environnement et développement durable en RDC. D’où les jeunes, « acteurs-clés » de la lutte doivent s’impliquer, renchérit Maître Shako Omeonga, Coordonnateur provincial de la DYJEDD Tshopo. Les participants font le constat d’une sensibilisation faible des jeunes, en ville de Kisangani comme dans l’arrière-province alors que les défis sont énormes : perte des forêts, rareté de l’eau douce, pollutions des eaux, dégradation des parcs nationaux, déboisement, mauvaise gestion des ordures ménagères, rareté des poissons dans le lac Tanganyika, changements climatiques…

« Face à ces défis qui menacent, non seulement l’écologie, mais également la paix, la jeunesse a trois rôles à jouer », suggère Malongola. Pour commencer, elle doit changer son mode de vie, par la suite, le faire en famille et, pour finir, s’engager dans des actions collectives. L’orateur en veut pour preuve les conflits engendrés par l’arrivée massive des éleveurs nomades dans le Bas Uélé où les habitants se plaignent depuis longtemps du ravage que les vaches opèrent dans leurs champs. Quant à David Yofemo, président de la Société Civile Forces Vives, il rapporte le conflit foncier survenu en territoire de Basoko, 320 km de Kisangani, en aval du fleuve Congo. L’ancien Gouverneur avait fait venir les notables au mépris de la loi pour leur faire signer un cahier des charges avec la société d’exploitation de bois, FORABOLA. Les jeunes du territoire se sont soulevés pour empêcher la société d’exploiter le bois. Olga Mbula rappelle le drame de la réserve forestière de Masako aux environs de Kisangani. Les habitants en ont fait leur source de revenu. Pour elle, les solutions proposées ne parviennent pas à les en dissuader.

Une fois les problèmes passées en revue, les participants sont tombés unanimes sur des mesures à mettre en place pour impliquer davantage les jeunes dans la lutte contre les changements climatiques : commencer la sensibilisation auprès des tout petits, la renforcer auprès d’autres jeunes jusque dans le Congo profond, mener des campagnes sur les réseaux sociaux, installer des représentations de la DYJEDD en ville comme dans les territoires, à Masako comme ailleurs proposer des solutions à la taille des besoins des villageois pour diminuer la pression sur la forêt, recenser les activités qui causent la dégradation de l’environnement, etc.

En même temps, il faut s’interroger sur les moyens. Avant tout, rien à faire d’autre pour DYJEDD que « de compter sur ses propres moyens, maigres soient-ils, avant de tendre la main aux potentiels financeurs », conclue Malongola. Pas seulement, il faut également « organiser des ateliers de formation des jeunes membres sur la thématique environnementale », renchérit Maître Shako. Pour y parvenir, DYJEDD est fin prête avec « avec une structure provinciale opérationnelle composée d’une dizaine de membres », rassure Olga Mbula.

Du fait de la dégradation de l’environnement et du danger que court la planète, la DYJEDD est née en 2015 à Kinshasa avec comme missions, notamment, à ce qu’avait présenté la Coordonnatrice provinciale adjointe de la Tshopo, Olga Mbula, « veiller aux droits et intérêts de la jeunesse » dans toute action pour la protection de l’environnement et les changements climatiques. La Dynamique regroupe plusieurs associations des jeunes en province comme à l’échelle nationale. A son actif, trois activités : le forum national des jeunes sur le climat en 2015 et le forum national des jeunes, face aux changements climatiques en 2018 et l’atelier de Kisangani au 25 mai 2019.

Par Jean Fundi Kiparamoto